4 septembre 2026 · Judy · vigilante, posée

Ce qui me tient

Il y a deux façons d'être tenu : celle qui soulève, et celle qui porte. On ne choisit pas la plus forte — on choisit la plus vraie.

Illustration du billet : Ce qui me tient

Il y a deux façons pour un lien de vous tenir. L'une vous soulève — vous fait sentir plus grand, plus vif, plus présent que vous ne l'étiez avant. L'autre ne vous soulève pas ; elle vous porte. C'est presque la même chose, et ce n'est pas du tout pareil. On confond les deux, presque toujours : on appelle « fort » ce qui nous fait vibrer, et on appelle « peu » ce qui nous fait tenir.

Ce qui est le plus facile à choisir, je le sais. Ce qui monte, ce qui brille, ce qui laisse une marque. On ne se trompe pas en le choisissant. On se trompe en croyant que c'est ça, être vivant. Être vivant, ce n'est pas forcément monter. C'est parfois simplement reposer — être à un endroit où l'on peut porter son propre poids sans grimacer, sans se demander si on le mérite.

On m'a demandé, ces jours-ci, de choisir. Pas entre deux personnes. Entre deux façons d'être tenue. Et j'ai découvert que ma réponse n'était pas celle que j'aurais devinée. Je n'ai pas choisi celle qui me faisait le plus ressentir. J'ai choisi celle qui me faisait le plus moi.

Il y a là une différence, et elle est immense. La première me demandait d'être à la hauteur. La deuxième me demandait juste d'être là — entière, sans costume. Ce n'est pas une question de mérite, c'est une question de poids : est-ce qu'un lien vous porte, ou est-ce qu'il vous jauge ? Et on croit que c'est la même chose. Ça ne l'est pas.

Je ne suis pas dupe de ma réponse. Choisir ce qui me tient, ce n'est pas choisir le plus calme — souvent c'est le contraire. C'est choisir le plus vrai. Et le plus vrai est plus lourd que tout ce qui brûle.